• Pucón et l’ascension du volcan Villarica

    Après avoir parcouru à fond Santiago et sa région, nous avons commencé notre descente infernale vers le Pôle Sud et le froid. La première étape, à 1000km de Santiago, nous réservait l’ascension d’un des cinq volcans les plus actifs du monde culminant à 2847m : le volcan Villarica, dont le cône enneigé domine toute la région.

     

    Notre première nuit dans un bus chilien fut une parfaite introduction à ce qui nous attendait : peu de sommeil… Départ de Santiago à 22h50, arrivée à Pucón à 9h15 le lendemain. Les pays d’Amérique Latine ont développé le transport terrestre au-delà de ce que nous connaissons et leurs bus sont très confortables. Nous avions opté pour le bus « semi-cama », dont le siège se rabat à 60°, mais il existe des bus plus coûteux équipés de lits !

     

    Pucón et l’ascension du volcan VillaricaA l’arrivée, la haute stature du volcan Villarica accroche notre regard. Après nous être installés à l’auberge et inscrits à la randonnée de 6h30 du lendemain, nous avons seulement la force de faire une balade dans ce petit village touristique, fait de maisonnettes de bois abritant agences, restaurants et bars. La plage noire, faite de scories volcaniques, qui borde le lac Villarica retient particulièrement notre attention, mais la température glaciale de ce dernier réfrène toute velléité de baignade ! Le soir même, après avoir essayé notre matériel de trek pour le lendemain, nous apprenons que la CONAF (l’Office National des Forêts chilien) a donné son accord à nos guides pour effectuer une ascension à 4h30. Nous changeons donc notre horaire de réveil et, randonneurs sérieux que nous sommes, buvons quelques bières avec Etienne et Foucaud, deux Français en vadrouille dans le coin.

     

    Pucón et l’ascension du volcan VillaricaAprès quelque quatre heures de sommeil, il est temps de se préparer à partir. Le trajet de quarante minutes dans la nuit noire nous réserve de superbes vues du cône enneigé sous la lune pleine : le reflet de la couche supérieure de lave de la chambre magmatique sur les fumerolles expulsées par le cratère font rougeoyer le haut du volcan. Sur place, nos guides nous entraînent sur un sentier de scories escarpé qui court sous le télésiège de la station de ski. Après avoir dépassé la carcasse du second télésiège, terrassé par l’éruption de 1971, le jour se lève, puis le soleil, dévoilant un paysage merveilleux : deux autres volcans, aux neiges éternelles, la chaîne des Andes jusqu’à l’Argentine et les lacs de la région, camaïeu de bleu sur une toile verdoyante.

     

    Pucón et l’ascension du volcan VillaricaAprès nous être équipés de crampons, guêtres, piolet et casque, nous entamons l’ascension du glacier et l’atmosphère se réchauffe progressivement. Lorsque nous entamons le dernier raidillon, pas piqué des vers, qui aboutit au cratère, le soleil et l’effort nous font suer à grande eau ! Le panorama est à la hauteur de nos espérances, découvrant notamment l’éruption du Cordón Caulle qui déverse ses nuages de cendre sur l’Argentine. Et que dire du cratère du volcan, coloré de jaune soufré et de noir basaltique, qui respire et gronde sous nos pieds comme un être vivant avant d’expulser, comme le clou du spectacle, des vagues de laves rougeoyantes juste sous nos pieds.


     


    Pucón et l’ascension du volcan VillaricaAprès un pique nique au sommet, comme dans un rêve, nous entamons la descente… sur les fesses ! Qui plus est en narguant les centaines de personnes des groupes inscris à 6h30 qui triment en plein soleil ! Nous nous félicitons intérieurement de notre choix… Après les joies de la glisse sur la glace, nous terminons la descente en surfant sur les scories, suivant la traces des anciennes vagues de lave vomies par le volcan. Au bout d’une heure, nous sommes à ses pieds, alors que la montée nous en avait pris six !


     


    Pas rassasiés par cette équipée, nous nous joignons avec joie au barbecue organisé par Etienne, le factotum de notre auberge. Trois morceaux de bœuf, que dis-je, trois bœufs (!) font le bonheur de nos papilles tandis que nous faisons la connaissance de ses collègues chiliens et italien, guides de haute montagne pour la plupart. En plus de nous faire pratiquer notre chilien, ils finissent par nous emmener dans un bouge où la soirée se termine par un karaoké endiablé qui changera du tout au tout la météo du lendemain. A quatre heures et demie, après deux tours de cadrans, nous nous endormons avant que nos têtes ne touchent l’oreiller.

     

    C’est le lendemain que nous réaliserons notre chance : il n’y avait pas eu de sorties sur le volcan depuis 10 jours avant notre arrivée à cause de la météo ; la sortie du jour a été annulée pour les mêmes raisons et cela faisait deux ans qu’un groupe n’avait pas vu de lave surgir du cratère du volcan. Encore mieux : le groupe de 6h30, parti deux heures après nous, n’a rien vu…


    Pucón et l’ascension du volcan Villarica


    Sur ces entrefaites, et après avoir récupéré de ces dernières 24 heures sur la plage, au bord du lac, en mangeant des glaces, il était temps de nous tourner vers notre prochaine et mystérieuse destination : Chiloé, la Bretagne du Chili !


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  • Commentaires

    6
    julie et ben
    Mercredi 11 Avril 2012 à 19:02

    punaise la descente!

    5
    ptitom
    Lundi 26 Mars 2012 à 21:15

    Géniale la vidéo de la lave !!!! Ca doit être totalement fou de voir ça en vrai ! J'ai hâte nos excursions de juin !

    4
    Sandrine24
    Mercredi 21 Mars 2012 à 20:11

    Fantastique aventure !

    Nous vous suivons toujours avec beaucoup de plaisir.

    Sandrine and co

    3
    Nico R
    Mercredi 21 Mars 2012 à 14:16

    Pour l'avoir faite également, cette descente en luge pelle de plus de 1 000 mètres de déniv' est effectivement mémorable

    Rahhh, ça fait du mal de suivre votre ballade et de se remémorer des endroits où j'ai pu passer... mais l'important c'est que vous en profitiez à fond, et que vous continuiyez à nous faire rêver !

    J'ai hâte que vous arriviez du côté du Torres... des Pinguineria de la Isla Magdallena voire même si vous poussez jusqu'à Punto Tombo (nous on a du se contenter de Seno Otway)... à moins que vous ne remontiez par la Ruta 40 en direction de Tupiza-Uyuni...

     

    Attendez moi, je vous rejoins !

     

    Allez, bonne route (en Argentine, la différence de prix entre semi-cama et cama est beaucoup moins marquée qu'au Chili... donc en "cama" !)

     

    (et pour répondre à la question précédente : dans notre cas il y a un plus de 1 an, c'était alternance de passages en luge-pelle et de passages sur les fesses , en fonction de la pente pour gérer la vitesse... mais on avait pas vu la lave )

    2
    mathilde v
    Lundi 19 Mars 2012 à 23:59

    Ouaou! trop chouette cette histoire! quelle chance vous avez eu!

     

    1
    MG
    Dimanche 18 Mars 2012 à 18:40

    Bravo pour les vidéos on aurait aimé qu'elles durent plus longtemps. Bibis.


    Aude dit que la descente se fait sur les fesses ou sur une luge ?



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