• Escales en terre guaranie

    Après Iguazu, nous laissons derrière nous les hordes de touristes et les contrées par trop occidentalisées : bienvenue au Paraguay, pays grand comme la Californie mais bien moins visité, et ce malgré ses richesses indéniables : nature sauvage du Chaco, missions jésuites étonnamment bien conservées, capitale parmi les plus anciennes du continent constituent quelques-uns des charmants secrets que recèle ce pays. Ajoutons que dans le brouhaha joyeux des marchés comme dans les bus bondés d’Indiens guaranis, nous avions enfin l’impression de découvrir un des visages typiques de l’Amérique latine… Autant de raisons d’apprécier le Paraguay !


    Malheureusement, le temps nous pressait (plus qu’un mois pour découvrir le Paraguay, la Bolivie et le Pérou…!) et qui plus est, la météo contrariait nos plans : le nord du pays, le sauvage Chaco, était sous les eaux. Nous ne passâmes donc finalement que 5 jours sur la terre ferme, mais 45 heures sur les routes paraguayennes tout de même !

     

    Trois étapes ponctuèrent notre périple : à Ciudad del Este, ville frontalière du Brésil et de l’Argentine, nous découvrîmes un des plus grands marchés à ciel ouvert qu’il nous ait été donné de voir jusqu’ici : décrétée zone franche, la ville n’est qu’une immense foire où se bousculent et s’interpellent dans une joyeuse cacophonie Brésiliens, Argentins, Paraguayens et autres touristes venus faire des affaires. Peu enclins à nous laisser gagner par cette fièvre consumériste Escales en terre guaranie(avouons aussi que nos sacs étaient déjà trop pleins !), nous avons préféré profiter de cette escale pour aller découvrir, tout près de là, un des joyaux dont s'enorgueillit le Paraguay : le barrage hydraulique d’Itaipu, le 2ème plus important au monde : un impressionnant amas de fer et de béton, qui fournit tout de même 90% de l’énergie du pays et dont le surplus assure une confortable rente au Paraguay. Autant dire le trésor des Guaranis ! Pas très émoustillant cependant…

     

    Escales en terre guaranieNous quittons cet ouvrage lucratif pour en découvrir d’autres, nettement plus spirituels : les missions jésuites, sortes de phalanstères établis par cette confrérie dès le 17ème siècle, visant à offrir aux Indiens éducation et travail, le tout dans le respect de la foi catholique bien sûr (trêve de polygamie messieurs les Guaranis !)… Mais c’était sans nul doute un sort bien plus enviable que celui des milliers d’autres Indiens contraints aux travaux forcés et à la misère.Escales en terre guaranie Le site de Trinidad, que nous avons visité sous un soleil de plomb, était magnifique : les bâtisses des Indiens rougeoyaient dans l’herbe verdoyante, l’église à ciel ouvert arborait des reliefs magnifiquement sculptés et le sol des logements des Jésuites présentait encore de forts beaux azulejos… Tombées progressivement en désuétude après que la Couronne espagnole, jalouse du pouvoir grandissant des Jésuites, les ait chassés d’Amérique, les missions laissent tout de même beaux derrière elles de jolis restes…

     

    A ce stade de notre périple, l’agenda politique français nous contraignit à réviser notre programme : à la veille du 2ème tour des élections présidentielles, alors que nous tremblions d’angoisse pour l’avenir de la France, impossible de quitter Encarnación et la petite pension avec wifi dans laquelle nous logions. A 14h, les résultats tombent, entérinant la fin de 5 ans de Sarkozysme. Sur la grand place d’Encarnación, l’ambiance n’est pas la même qu’à la Bastille, mais Nicolas et moi savourons le cœur léger les chants paraguayens entonnés en l’honneur des habitants du Chaco inondé.

     


    Mais bientôt, nous délaissons la compassion distanciée pour nous retrouver au cœur des évènements : Asunción, la capitale, est sous les eaux, clament les titres des journaux. Nous débarquons à la nuit tombée, pas très rassurés, puis nous sillonnons une bonne partie de la ville à la recherche d’un hôtel banalisé dont nous n’avons pas noté, bien évidemment, le numéro. Nous sommes soulagés en constatant que la capitale semble au sec, et complètement rassérénés quand nous dégottons enfin, à l’aide d’un réseau wifi piraté dans la rue, l’adresse de l’hôtel. En plus, nous avons l’auberge rien que pour nous, avec terrasse, cuisine et machine à laver comprises : royal !!!


    Escales en terre guaranieQuant à la ville, elle nous a réellement séduits : comptant plus de 2 millions d’habitants, elle s’apparente en fait à une multitude de petits villages construits côte à côte ; côté étalement urbain, c’est sûr, Asunción se pose là, mais c’est si agréable de s’y promener… Pas d’immeubles, des petits commerces et des terrains de sports à chaque coin de rue, de jolis bâtiments coloniaux et une superbe gare muséifiée en son centre, et surtout une multitude de placettes verdoyantes où il fait bon siester aux heures les plus chaudes de la journée… Mais aussi, juste à côté de ces places bien apprêtées, en bordure du fleuve Paraguay, les populations des bidonvilles qui s’entassent et s’enlisent dans les eaux montantes. Asunción inondée, c’est là…

     

    Nous quittons bientôt ce pays, ses côtés sombres et ses trésors sous-estimés pour nous enfoncer dans une Amérique bien plus typique encore : à nous la Bolivie, que nous mériterons seulement après 22 heures de bus, 6 contrôles aux frontières et un pneu crevé !

     

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  • Commentaires

    3
    ptitom
    Dimanche 24 Juin 2012 à 21:46

    Plus grand marché qu'il vous ait été donné de voir ??? Mais moins bien qu'Otavalo avouez hein ?  

    2
    matoune
    Vendredi 8 Juin 2012 à 09:41

    Salut mes petits poulets!

    Merci pour ce partage d'une soirée démente, je m' y imagine sans difficulté...Je vous embrasse fort fort

    1
    Sandrine24
    Dimanche 3 Juin 2012 à 19:22

    Encore de nouvelles aventures et de merveilleux trésors à nous faire partager !

    Merci

    Profitez en bien



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