• Bogotá chaleureuse, Zipaquirá la pieuse

    Dans l’imaginaire collectif occidental, Bogotá se classe souvent au côté des Bagdad, Kaboul et autres Ciudad Juarez : une jungle urbaine dont il est difficile de sortir vivant… Cette mauvaise réputation masque une ville tentaculaire de dix millions d’habitants, où l’extrême richesse côtoie la pire des pauvretés. Coeur économique et culturel du pays, elle possède beaucoup d’atouts pour attirer le voyageur : architecture coloniale, musées de portée internationale et vie nocturne agitée. Pour toutes ces raisons, nous décidâmes de nous rendre à Bogotá, ainsi qu’à Zipaquirá, à une centaine de kilomètres, où se trouve l’un des monuments les plus visités du pays : une cathédrale de sel !


    Le plan était simple, sans accroc. Avec Julian, notre nouveau compagnon de voyage, Allemand francophone, nous allions prendre le bus de 20h30 direction Armenia et de là, un bus de nuit pour Bogotá, après nous être assurés que la route était sûre. Hélas, arrivés à la gare routière, une mauvaise surprise nous attendait : submergés de passagers en raison des festivités liées à la fête du café, plus aucun bus ne partait pour Bogotá ! Une file d’attente de cinquante personnes espérait obtenir d’hypothétiques places dans l’un des bus venant de Cali… Alors que nous imaginions déjà un plan de reconversion, un frisson d’espoir parcourut les rangs et la rumeur enfla : deux bus vont être affrétés ! Effectivement, après 2h d’attente, nous embarquâmes dans le plus vieux bus qu’il nous ait été donné de voir depuis la Bolivie ! Un rappel de dernière minute d’une retraite bien méritée sans doute… Soulagés du stress de l’attente, un joyeux brouhaha envahit le bus lorsque le chauffeur nous vrilla les tympans avec un disque de salsa, et que de jolies filles firent leur apparition à l’entrée du bus. Garcia Marquez dit : « Mettez cinq Colombiens dans une pièce et ce sera la fête ! ». en plein dans le mille Gaby, on y était…

     

    Bogotá Zipaquirá la pieuseAprès cette folle nuit, nous nous rendîmes dans le quartier de la vieille Candelaria, le centre historique, et nous installâmes, avant de partir à l’assaut de la ville : le Museo del Oro, attraction phare, renferme 35 000 pièces d’artisanat précolombien en or ; ce qui éclaire sous un jour explicite l’intérêt des conquistadors pour le continent. La pièce centrale, le « salon dorado », contient à elle seule 8 000 pièces mises en valeur par un son et lumière particulièrement réussi. Le reste de la journée fut consacré à la visite du centre-ville, très coloré et très animé, bien loin des clichés de guerre urbaine Bogotá Zipaquirá la pieusehabituellement véhiculés, et particulièrement pauvre en présence policière, contrairement à Lima (Pérou) par exemple, littéralement quadrillée par les forces de l’ordre. Un cours accéléré de danses latines vint agréablement conclure ce marathon de visites ! Las, notre seconde journée sur place sera essentiellement consacrée au retrait et change de devises, en vue de notre prochaine arrivée au Vénézuéla…


    Bogotá chaleureuse, Zipaquirá la pieuse


    Bogotá chaleureuse, Zipaquirá la pieuseEntre temps, nous avions prévu de découvrir la cathédrale de Zipaquirá. Tout commença avec l’exploitation du sel, d’abord monnaie indienne, puis richesse des marchands espagnols. La superstition des mineurs ne les poussa pas à adopter une divinité protectrice des profondeurs, comme à Potosi, mais à construire une cathédrale souterraine, où des offices pourraient être célébrés. Hélas, cette partie de la mine était sujette à des infiltrations, on finit par la fermer, car, comme vous le savez, l’eau dissous le sel. Loin de s’avouer vaincus, les mineurs construirent un second édifice, dans une zone protégée des risques d’effondrement, et la firent consacrer en 1995.

     

    Bogotá chaleureuse, Zipaquirá la pieuseSi nous nous attendions à admirer un bâtiment taillé dans le sel, la déception a rapidement fait place à l’admiration devant la taille imposante de l’édifice, ses chapelles, nefs et piliers gigantesques représentant les apôtres évangélistes. Là encore, un joli éclairage met parfaitement en valeur l’ouvrage, très simple architecturalement parlant, et très épuré. Si les « marchands du temple » gâchèrent un peu la fin de la visite, nous ressortîmes du trou, ravis d’avoir pu apprécier ce monument insolite !

     

    Quatorze heures de trajet plus tard, nos arrivions à Cucutá, écrasés par une chaleur torride, et découvrions une ville commerçante sans intérêt, dont les rues se vident à 18h, nous empêchant de dîner, et nous faisant désirer passer la frontière vénézuélienne au plus vite !


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